sorcellerie dans le Sundgau (2)
Peut-on s'étonner que les douleurs de la torture aient arraché aux victimes, au fil de ce questionnaire, l'aveu de crimes qu'elles n'avaient point commis ?
Peut-on s'étonner que l'on ait brûlées vives, comme sorcières, de vieilles femmes qui avaient confessé leurs relations avec le diable, quand on sait que ces interrogatoires ne se faisaient que lorsque le "patient" était étendu sur le chevalet et livré au bourreau ? (Altkirch avait le sien).

La torture
Comment se convaincre qu'on avait affaire à une sorcière ? Les signes de reconnaissance étaient multiples :
- l'épreuve de l'eau (une sorcière surnageant est soutenue par le diable, donc coupable)
- l'épreuve du feu (la victime doit tenir en main un fer incandescent)
- l'épreuve des larmes (c'est le diable qui a rendu sensible sa proie) …
Encore fallait-il ensuite la faire avouer en employant l'incontournable torture !
En Alsace, on employait souvent comme instrument de torture, l'extension : les suppliciées étaient suspendues aux mains à une corde qui passait par une poulie fixée au plafond. On les montait et on les laissait retomber à plusieurs reprises. Ce traitement amenait à des déchirures musculaires douloureuses, quelques fois même à des fractures. Quand les aveux tardaient à arriver, on accrochait aux jambes des pierres.
C'est ce qui arriva par exemple à Thann en 1608 lors du procès de la femme de Benoît Schweitzer, qui fut retrouvée morte dans la salle des tortures. Le juge, moins endurci que bien d'autres, en devint fou de remords.
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